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Je vous aime
Perdre quelqu’un qu’on aime est
affreux
Et si vous le portiez dans votre
coeur
Que l’on soit insensible ou
affectueux
Il entre en vous une très grande
peur.
Celle de ne savoir que faire, que
dire
Si ce n’est de pleurer, et en le
regrettant
De se dire, si j’avais su, ce qui
est pire,
De s’en vouloir de ne lui avoir
dit d’antan.
Que je l’aimais, que je l’aimais,
mais
Pourquoi ces regrets, puisque
c’est fait
Regardez les yeux de ceux que
vous aimez
Dites, si vous saviez combien je
vous aime.
Et vous verrez leur regard
s’illuminer
De bonheur, de joie, le visage
blême
Par l’émotion qui les empoigne,
et même
Les bras ballants, ne pouvant
parler.
Et puis entr’ouvrant les lèvres
quand même
Vous dire, nous aussi vous aimons
tant
A peine audible, faiblement,
tendrement.
Ah qu’il est bon de dire, je vous
aime.
A ceux que nous aimons, tout
simplement.
Jean Mollier de France

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