L'enfant battu

 

 

La vague de douleur silencieuse m'emporte

Quand elle va mourir, elle va me fracasser

Mon corps saigne, je le sens, mais peu importe

C'est une autre hémorragie qui me fait me vider.

 

Je ne peux plus bouger, mes os, mes muscles rompus

Je ne vois plus rien, mais j'entends ce que le vent insinue

Chants d'oiseaux, stridences d'insectes, feuilles qui bruissent

Le monde continue tandis que, loin de lui, moi, je glisse.

 

On me soulève. Au-dessus de moi, des voix troublées.

Je flotte ! ... On s'effraie... on essuie mon sang... trop tard

Même mes blessures physiques soignées, cicatrisées

Restera à jamais dans mon âme un vide froid et blafard.

 

Il y avait, jusque-là, pour la marâtre, une affection ténue

A cinq ans, toute émotion morte, je suis un enfant perdu.

L'irrémédiable s'est réalisé, maintenant

Jamais plus, je ne dirai, ne penserai "maman".

 

 [Auteur : Michèle A.]

 

Les poèmes de Michèle A.

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