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Je t'attends…
Mouvance houleuse et déchaînée,
Élément qui fascine, me terrorise,
Face auquel, seule, tout échevelée,
Je guette l'étendue des vagues
grises.
Frêle vigie, je brave sans ciller
l'océan,
Espérant apercevoir au loin tes
voiles,
Gonflées sous les vents rugissants,
Que révèleront la blancheur de leur
toile.
Mon amour, ton absence, si cruelle,
Me taraude douloureusement l'âme,
Chaque fois que tu me quittes pour
elle,
Me laissant seule, meurtrie, en
larmes.
Folle d'angoisse, tremblante de
peur,
Je scrute l'horizon voilé de brume,
Où, quelque part, tu braves la
fureur
Des lames recouvertes d'écume.
Le froid qui lacère et glace mon
corps,
Me transforme en vacillante statue,
Courbée parfois, tant il est cruel,
retors,
Alors que j'espère ton retour, ta
venue.
Passent les heures, longues,
intolérables,
Et puis, soudain, mon être déchiré
chavire,
Car, une silhouette, tout juste
identifiable,
Surgit au loin, telle une proue de
navire.
La joie me gagne, je trépigne et
danse,
Folle de bonheur devant ton
approche,
Je m'élance vers la plage de
sable, l'anse,
Où, bientôt, ton bateau frôlera les
roches.
Je suivrai sa course, donnant de la
voix,
Alors que sur le pont ton visage me
sourira,
Je laisserai couler enfin des
larmes de joie,
En attendant que tu me prennes dans
tes bras.
Guy Vigneau

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Guy Vigneau


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