Halte

à la

Taureaumachie

 

La corrida, voilà bien un épineux problème. Il y aura malheureusement toujours des adeptes pour voir ce spectacle dégoûtant selon moi. Je tiens à le dire franchement et cela n'engage que moi, c'est triste de se savoir au  21me siècle et voir encore une telle barbarie envers les animaux. Je ne peux rester indifférente à ce problème, car c'en est véritablement un.

Pourquoi faire souffrir un animal dans le seul but de faire du spectacle ? Pour respecter une tradition moyenâgeuse ?

C'est après avoir pris connaissance du coup de gueule de Michbo1, auquel j'adhère entièrement que j'ai pris la décision de publier cette page. Au diable les traditions !

Lisez son coup de gueule :

http://www.michbo01.fr.vu/

Je vous laisse seul juge, mais avant cela, prenez le temps de lire le poème ci-dessous :

 

Publié avec l'autorisation de l'artiste

 

POURQUOI ?

Dis-moi le matador

Que fais-je dans cet étroit couloir
Où sonne le glas lugubre et noir
La peur mordante comme une tenaille
Serre le tréfonds de mes entrailles
Qu’on a vidées de force
Pour que la faiblesse s’amorce

Dis-moi le matador

Où sont passées mes cornes altières
Sciées à vif par une main de brute
Comme des objets vulgaires
Sur l’ordre infâme du matamore
Pour que je perde le nord
Dans les arènes du Sud
Empire des turpitudes

Dis-moi le matador

Où sont mes moelleux pâturages
Ce n’était donc que des mirages
On m’a poussé sauvagement
Dans un sinistre guet-apens
De terre battue par des péons
Où perceront les fleurs de ma Passion
Une douleur s’enfonce dans mon cou
Lancinante
Une tiédeur mêlée de boue
Ruisselle sur mon corps de supplicié

Pitié

Pitié conquistadors pitié

Vous qui plantez dans ma chair
De brûlants harpons de fer
J’ai mal si mal

Vous tous qui me voyez
Ayez pitié de moi
Qui vous demande pourquoi

Dis-moi le matador

Quelle est encore cette loque loufoque
Que tu agites comme une pendeloque
Devant mes yeux mourants
Pour que je fonce aveuglément
Dans un brouillard dense de souffrance
Sous les huées de paillasses en transe

J’ai mal si mal
Vous tous qui me voyez
Ayez pitié de moi
Qui vous demande pourquoi

Mes meuglements résonnent dans ma tête
Pendant que la fanfare dégoise un air de fête
Je sens les dernières forces m’abandonner
Je vois partout du sang qui ne cesse de fluer
La mort vacille autour de ma défaite

Vous tous qui m’entendez
Ayez pitié de moi
Qui vous demande pourquoi

A flots la vie s’écoule de mes veines
Le sol meurtri s’abreuve de mes peines
Il s’approche comme une vague délivrance
Quand je m’agenouille épuisé devant la lance
Avant de m’affaisser sur la fin de l’existence

J’ai mal si mal
Vous tous qui me voyez
Ayez pitié de moi
Qui vous demande pourquoi

Mon corps n’est plus que ruine sanguinolente
Où le bourreau grisé plonge sa dague violente
Encore et encore
Il s’acharne sur ma mort
Qui éclabousse son habit de lumière
Taches rubis hiéroglyphes de ma misère
Je me débats une dernière fois
Secoué des spasmes de l’effroi

Adieu le matador
Celui qui agonise te salue
Quand tu paraderas dans la rue
Comme un précieux ridicule
Exhibant mes oreilles et ma queue vaincues
Tu clameras très haut et fort
Que tu m’as aimé jusqu’à ma mort

Une lumière voilée s’étend sur ma douleur
Adieu le matador c’est l’heure
Il fait soudain si froid
Vous tous qui me voyez
Ayez pitié de moi
Qui vous demande pourquoi

 

Irène Noël de Vinzier (France)

 

La musique de fond est sur une chanson de Francis Cabrel "La corrida" dont voici les paroles :

Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire
J'entends qu'on s'amuse et qu'on chante
Au bout du couloir ;
Quelqu'un a touché le verrou
Et j'ai plongé vers le grand jour
J'ai vu les fanfares, les barrières
Et les gens autour

Dans les premiers moments j'ai cru
Qu'il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l'avoir
Cette danseuse ridicule...

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Andalousie je me souviens
Les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant
Ce pantin, ce minus !
Je vais l'attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil

Ce soir la femme du torero
Dormira sur ses deux oreilles
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
J'en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou
Pour que je m'incline

Ils sortent d'où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier ?
J'ai jamais appris à me battre
Contre des poupées
Sentir le sable sous ma tête
C'est fou comme ça peut faire du bien
J'ai prié pour que s'arrête
Andalousie je me souviens

Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu'on puisse autant
S'amuser autour d'une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Si, si hombre, hombre
Baila, baila

Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar...
Y mataremos otros
 

Si un autre webmaster souhaitait publier dans les pages de son site le poème ci-dessus, merci d'écrire à  michbo01@wanadoo.fr  pour qu'il en avertisse l'auteur qui espère que son poème dédié à la douleur des animaux fera le tour de la terre... Non par satisfaction de se faire lire mais pour le combat mené pour faire stopper ce genre de barbarie envers les animaux. Inutile de dire que je m'associe moi aussi totalement à son combat.

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